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Jean-Fran?ois Dandrieu | Magnificats, No?ls... ? la chapelle royale de Versailles

Jean-François Dandrieu
(1682-1738)
Volume 1


Magnificats et pièces d'orgue à la chapelle royale

Magnificat du premier ton (ré mineur)
1. Plein Jeu. Gravement
2. Duo. Gaiement et soutenu
3. Trio. Modérément sans lenteur
4. Basse de Trompette. Vivement et marqué
5. Flûte. Tendrement
6. Dialogue. Gravement

7. Tierce en taille en la majeur. Fièrement
8. Muzète en sol majeur. Naïvement et louré

Magnificat du deuxième ton (sol mineur)
9. Plein Jeu. Gravement
10. Duo. Gaiement et soutenu
11. Trio. Tendrement
12. Basse de Cromorne. Gaiement et soutenu
13. Récit de Nazard. Tendrement
14. Dialogue. Vif et marqué

15. À la Venue de Noël. Récit, double, duo, trio, grand jeu
16. Bon Joseph écoutez-moi. Tambourin
17. Or nous dites Marie. Récit, Double, Duo en canon, trio sur les flûtes, le même sur les flûtes
18. Carillon ou Cloches

Magnificat du huitième ton (sol majeur)
19. Plein Jeu. Gravement
20. Duo. Gaiement et flaté
21. Trio. Gracieusement et louré
22. Basse de trompette. Vif et marqué
23. Flûtes. Tendrement
24. Dialogue. Vivement et marqué

25. Fugue (chromatique). Majestueusement
26. Fugue. Hymne Ave maris stella. Majestueusement

Magnificat du troisième ton (la mineur)
27. Plein Jeu. Gravement
28. Duo. Gaiement et soutenu
29. Trio. Modérément sans lenteur
30. Basse et dessus de trompette. Vif et marqué
31. Récit de Trompette séparée. Tendrement
32. Dialogue. Gravement et pointé. Gaiement

33. Offertoire pour le jour de Pâques. O filii et filiæ

Prise de son Jean-Philippe Mesnier. Post-Mastering Olivier Rosset.
Accord de l'orgue : Bertrand Cattiaux et Itaru Sekiguchi.
Editions utilisées : fac-simile aux éditions Jean-Marc Fuzeau.

Livret
A peine âgé de cinq ans, le jeune Jean-François Dandrieu se fait remarquer à la Cour de Louis XIV en se produisant devant Madame Palatine (épouse de Monsieur). Il est issu d'une famille où la musique tient une place importante. Sa s'ur Jeanne-Françoise et son oncle Pierre sont organistes et dès son plus jeune âge il bénéficie de l'enseignement du compositeur Jean-Baptiste Moreau (1656-1733), très célèbre pour son activité à Saint-Cyr et pour avoir été le maître de Clérambault et Montéclair.
Dandrieu devient rapidement un organiste renommé lorsqu'il succède au grand Nicolas Lebègue à l'orgue de Saint-Merry en 1704. En 1721 il devient organiste de la chapelle de Versailles où il côtoie Lalande et Campra. A la fin de sa vie il prend la suite de son oncle Pierre Dandrieu (1664-1733) à Saint-Barthélemy.
Le premier livre d'orgue de Dandrieu est publié à titre posthume en 1739. Le compositeur avait initialement pour projet deux livres comprenant douze suites de tons différents, dont la moitié en mineur et l'autre moitié en majeur. Dandrieu nous explique que « chaque Suite commence par un Offertoire, après lequel viennent plusieurs Pièces séparées, et finit par un Magnificat du même Ton. ». Il détaille son projet : « je me suis efforcé partout à saisir cette noble et élégante simplicité qui fait le caractère propre de l'Orgue, et j?ai eu soin d'indiquer le mouvement et le goût de chaque Pièce, par les termes qui m'ont semblé les plus convenables pour désigner mon intention.»
Après un examen approfondit de l'ensemble de son oeuvre, il apparaît que ce livre d'orgue présente deux types de compositions. Les six offertoires et certains duos sur la trompette sont des transcriptions - parfois légèrement remaniées - d'oeuvres pour cordes antérieures : les Six sonates en trio opus 1 (1705) pour deux violons, violoncelle et basse continue et les Sonates pour violon (1710). Ces pièces très italiennes et contrapuntiques seront présentées « en miroir » dans un second disque.
Le présent enregistrement regroupe quant à lui les oeuvres « originales » pour orgue : des magnificats et des pièces isolées de différents caractères. Toutes retracent l'art liturgique de l'organiste de Versailles, l'un des plus en vue du royaume depuis la disparition de Couperin et Marchand.
Comme dans la musique d'orgue de Clérambault, le style italien transparait clairement dans l'ensemble de l'oeuvre de Dandrieu. On y retrouve l'influence du compositeur et violoniste Arcangelo Corelli qui rayonne sur toute l'Europe à partir de 1700. Cette influence est particulièrement notable dans les grands jeux et les basses de trompettes où l'écriture présente des notes répétées et des arpèges prédominants.
L'esprit des oeuvres de Dandrieu reste toutefois éminemment français par sa grandeur et sa gravité. La délicatesse et le raffinement épuré du style de Louis XV opèrent dans les pièces tendres sur les flûtes et les récits. La simplicité y est délicieuse grâce à une ornementation fine et un sens élégant du rythme.
Jean-François Dandrieu côtoie la tradition passée dans l'écriture de ses duos, trios et fugues qui rappelle les organistes français du 17ème siècle. Comme chez ses prédécesseurs sa musique représente le sens d'un texte religieux. Dans les magnificats le verset deposuit potentes de cede est décrit par un motif descendant sur la trompette et une pièce tendre est choisie pour illustrer Suscepit Israel.
C'est ainsi que Dandrieu fait une synthèse entre le style italien fugué et concertant, la musique ornée et dansée de ses prédécesseurs et le goût de son temps pour la légèreté et l'élégance.
Les noëls s'inscrivent dans cette synthèse et trouvent leur origine dans ceux composés par Lebègue en 1685. Ceux enregistrés ici furent aussi mis en musique par son oncle (édition de 1714). Le noël Bon Joseph écoutez-moi sera repris dans le célébrissime Noël X (1757) de Louis-Claude Daquin, organiste qui succèdera plus tard à Dandrieu à la chapelle royale.
A propos de la prise de son.
Dandrieu est organiste par quartier de la chapelle royale depuis 1721 et joue un instrument unique dans le royaume de France. Cet orgue ne possède pas de positif de dos, la mécanique y est directe et les sommiers « intercalaires » sont novateurs. Ces qualités rendent ce grand instrument sans équivalent.
La prise de son cherche à restituer cette sensibilité accrue de la mécanique, afin que le geste de l'organiste jusqu'à l'ouverture de la soupape et la production du son soit détaillé et perceptible. Cette finesse semble indissociable de l'art de Dandrieu où - sous une simplicité « apparente » - la minutie révèle toute sa profondeur.
Jean-Baptiste Robin



ORGUE HISTORIQUE DE LA CHAPELLE ROYALE DU CHATEAU DE VERSAILLES.
Robert Clicquot et Tribuot (1711) / Louis-Alexandre Clicquot (1736) / François-Henri Clicquot (1762).
Reconstruction par Jean-Loup Boisseau et Bertrand Cattiaux (1996)
37 jeux, 4 claviers et pédalier

1er clavier POSITIF (11 jeux)
50 notes (ut1 à ré5 sans 1er ut#)

Montre 8
Bourdon 8
Prestant 4
Flûte 4
Nazard 2 2/3
Doublette 2
Tierce 1 3/5
Larigot 1 1/3
Plein-jeu VI
Trompette 8
Cromorne 8

PEDALE (4 jeux)
30 notes (la0-ut1-ré1 à Fa3)

Flûte 8
Flûte 4
Trompette 8
Clairon 4
2eme clavier
GRAND-ORGUE (16 jeux)
50 notes (ut1 à ré5 sans 1er ut#)

Bourdon 16
Montre 8
Bourdon 8
Dessus de Flûte 8 (Ut3)
Prestant 4
Grande Tierce 3 1/5
Nazard 2 2/3
Doublette 2
Quarte 2
Tierce 1 3/5
Fourniture IV
Cymbale IV
Grand Cornet V (ut3) Trompette 8
Clairon 4
Voix Humaine 8
3ème clavier
RECIT (3 jeux)
32 notes (sol2 à ré5)

Cornet V
Trompette 8
Hautbois 8

4ème clavier ECHO (3 jeux)
32 notes (sol2 à ré5)

Bourdon 8/Prestant 4 (sur un même registre) Cornet III
Voix Humaine 8



Tremblant doux, tremblant fort (à vent perdu), accouplements à tiroir : I/II et II/III, tirasse G.O.